Tourisme et Authenticité : Un Équilibre Fragile

Je me souviens, c’était en 2007, j’étais en voyage de reconnaissance au Brésil pour Nomade-Aventure. Je randonnais en pleine jungle en surplomb de la magnifique plage de Praia do Sono. Ce fut l’une des premières fois où j’ai pris conscience que je pouvais avoir un impact sur les régions traversées.

Là, je me suis dit : « Ces coins tranquilles et si isolés ne pourront pas le rester longtemps, ils sont en péril, et moi, en faisant venir du monde ici, je contribue à la disparition de ce que j’apprécie le plus en ces lieux : leur tranquillité et leur authenticité ! ».

Cela faisait 6 ans que j’avais ouvert la destination. Des centaines de Français venaient désormais chaque année dormir dans ces petits villages de pêcheurs.

Blottis au pied de montagnes couvertes de forêt tropicale, ces hameaux ne sont accessibles qu’à pied ou en bateau. Ce sont de véritables petits havres de paix, avec leurs maisons aux couleurs claires et aux jardins fleuris. Un ruisseau traverse souvent le bourg et rejoint une magnifique plage de sable blond où se reposent les embarcations. Bref, c’était « Le Paradis Retrouvé ! ». Ça a fait un carton !

Mais que vont devenir ces petits paradis ?

Si notre impact sur l’environnement est une évidence d’aujourd’hui, il ne l’était pas tant il y a quelques années et quand je l’ai compris que moi aussi à ma petite échelle, je pouvais avoir un impact significatif, j’ai été profondément marqué.

À tel point que j’en suis venu à me poser des questions sur le sens de mon activité professionnelle. Il est légitime et même salutaire de se questionner sur notre impact, qui n’est pas que forcément négatif.

Ici, dans par exemple, le cas de ces villages de la péninsule de la Joatinga, il semble que le tourisme puisse, avoir des effets bénéfiques. Ces quelques hameaux, oubliés du temps, risquaient de perdre peu à peu leurs habitants qui délaissent leur plage pour vivre dans des zones périurbaines une vie plus « civilisée ».

Dans ces villages, qui vivaient essentiellement de la pêche et de leur potager, le tourisme a apporté de nouvelles sources de revenus. Les habitants hébergent maintenant des touristes, les nourrissent, les accompagnent lors de randonnées en jungle, expliquent et partagent sur leur mode de vie, se chargent du transport et logistique ainsi que des sorties de pêche. Certains se consacreront d’ailleurs à guider les touristes et à leur partager leur coin de paradis.

David BRUNO

La forteresse inca de Waqrapukara

Forteresse Inca de Waqrapukara
Forteresse de Waqrapukara

La WaqraPucara est une forteresse inca bâtie sur un éperon rocheux à presque 4300 m. d’altitude et qui domine le río Apurimac qui coule quelques 1300 en contrebas. Le site d’origine pré-inca a été utilisé par la suite par les Incas qui l’on fortifié et y ont bâtis quelques murs d’enceinte ainsi que des constructions en pierre. Plus haut que la plupart des autres sites incas (Machu Pichu, Choquequirao etc), il est plus près du ciel et donc des Dieux, d’où son importance du point de vue religieux et spirituel.

On accède au site par plusieurs sentiers (chemins incas) qui traversent un environnement de toute beauté. Le chemin le plus court accède à la forteresse en environ 1h30 de marche. D’autres prennent jusqu’à 6 heures de marche et passent par de petits lacs perchés sur les hauteurs de l’Altiplano.

Randonnée à la Waqrapukara

Le site est encore très peu visité et ne s’offre qu’à quelques privilégiés qui sortent des grands circuits touristiques. Destinations Latines peut l’intégrer à la plupart de ces voyages au Pérou.

Ollantaytambo et sa forteresse Inca

Situé à l’extrémité de la vallée sacrée des Incas par 2 800 m. d’altitude, et entourée de nombreuses terrasses de cultures, le petit village d’Ollantaytambo revêt une atmosphère particulière. Bon nombre d’habitations sont d’anciennes constructions incas. Une impressionnante forteresse datant de l’apogée de l’Empire inca domine ce musée vivant. Au carrefour de plusieurs rivières, le bourg marque ainsi la limite nord de la vallée sacrée.

Une grande muraille de 8 m. de haut protège différents temples et palais. Ce dernier site inca d’importance de la vallée est bâti là où le río Urubamba (aussi appelé Vilcanota) se resserre. Plus bas, des gorges s’enfoncent vers le bassin amazonien et le Machu Picchu. De même que Pisaq, à l’autre bout de la vallée sacrée, le village d’Ollantaytambo était un centre religieux, administratif et agricole. Au pied de la citadelle se trouvent des ruines annexes, dont le Baño de la Ñusta (les bains de la princesse) toujours alimenté par les canaux d’irrigation.

Face à la forteresse, sur le versant opposé, on peut apercevoir la structure d’un bâtiment perché sur la montagne. Dans cet ancien grenier étaient stockées les denrées périssables. Sa situation sur les pentes abruptes s’explique en raison de l’exposition et des courants d’air frais permettant une meilleure conservation. On y entreposait les excédents agricoles tels que le maïs, la pomme de terre, le quinoa et d’autres marchandises comme des couvertures de laine, des feuilles de coca, des armes, et même des plumes utilisées dans la confection des costumes cérémoniels.

Que faire dans les environs ?

Hormis la visite de la forteresse, de nombreuses activités sont possibles dans les environs :

Quelques randonnées dans les alentours mènent à des hameaux isolés où il fait bon se poser à l’ombre des eucalyptus pour admirer la forteresse avant de repartir en train vers le Machu Picchu.
On peut aussi visiter à pied les ruines incas de Pumamarca. Il s’agit d’un ancien site inca, peu spectaculaire, mais la ballade pour y aller est sympa… Il faut compter environ 4h aller-retour depuis le village. Attention, ça monte!
Des excusions à vélo pour descendre plus de 3000 m. de dénivelé entre le col de Malaga et Santa Maria sont également proposées dans le village (montée en véhicule et descente en vélo). Elles se cumulent en général avec une visite de la ville de Quillabamba.
Il est également possible de pratiquer le rafting sur le Rio Urubamba.

Comment y aller ?

Plusieurs fois par jour, des bus et trains relient Ollantaytambo à Cusco.
Dans l’autre sens, le train est l’unique accès vers Aguas Calientes et le Machu Picchu.
Des bus déversent Quillabamba, porte d’entrée de l’Amazonie. Comptez environ 3h d’une route magnifique qui contourne la cordillère de Veronica. On grimpe d’abord au col de Malaga (4 340 m.) avant une descente vertigineuse jusqu’à Santa Maria (1 200 m.).
Et l’on trouve une panoplie de bus locaux, et « colectivos » qui relient les différents villages de la vallée sacrée : Urubamba, Huayllabamba, Pisaq…

Kuélap, Le Machu Picchu du nord

Kuélap, Le Machu Picchu du nord

Située au Pérou, dans la région Amazonas, la forteresse de Kuélap s’étend sur sur un promontoire rocheux à plus de 3000 mètres d’altitude. Sa construction, par les indiens Chachapoyas remonte entre le VIème et le XVIème siècle après J.C.

La citée bénéficie d’une vue spectaculaire sur l’ensemble du territoire Chachapoyas. Elle est bordée par la falaise à l’Ouest, complétée par un immense mur d’enceinte ailleurs. Cette muraille dont la hauteur oscille entre 20 et 30 mètres, s’étire sur près de 600 mètres. Pour accéder au site, il faut donc emprunter l’une des 3 rampes d’accès étroites creusées dans le mur d’enceinte.

Une fois à l’intérieur de cette monumentale citée de pierre, on découvre des murs, des fondations, des chemins dallés, et des escaliers. Ces derniers permettent de passer de l’une à l’autre des deux plateformes qui se partagent les 400 constructions du site. Il s’agit essentiellement de fondations circulaires qui rappellent celles de la « Ciudad Perdida » en Colombie.

Le brouillard nappe souvent celle que l’on nome « La citée des nuages » et lui confère une atmosphère particulière. La jungle a envahi le site et une épaisse barbe de lichen recouvre les branches. Des orchidée fleurissent un peu partout et de magnifiques broméliacées rouge poussent sur les constructions comme sur les arbres. Certains murs de pierres arborent de jolies frises.

Kuélap est considéré comme l’un des plus prestigieux sites archéologiques des Andes. Bien plus ancienne que le Machu Picchu, l’énigmatique forteresse demeure pourtant assez peu visitée. Cela s’explique par le fait que les touristes évoluent principalement dans le sud du Pérou : entre Cusco et le Lac Titicaca.

Kuelap
Citadelle de Kuélap